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Un diplôme roumain peut être reconnu en France, mais la démarche n’est pas la même selon que le titulaire veut poursuivre ses études, être recruté ou exercer une profession réglementée. Ce sont trois procédures, avec des interlocuteurs différents. Chaque cas, y compris les métiers de la santé, appelle des vérifications précises avant d’admettre ou de recruter un candidat qualifié venu de Roumanie.
Un diplôme roumain est-il reconnu automatiquement en France ?
Non. Il n’existe aucune équivalence générale et automatique entre un diplôme roumain et un diplôme français. La Roumanie est membre de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007, mais avoir été diplômé dans un pays de l’Union européenne ne suffit pas à rendre un titre équivalent à son homologue français.

Distinguer les trois formes de reconnaissance
Trois décisions distinctes entrent en jeu, et chacune relève d’un acteur différent. Obtenir l’une ne donne pas automatiquement les deux autres :
- La reconnaissance académique : l’établissement d’enseignement supérieur décide d’admettre ou non le candidat dans une formation.
- L’appréciation par l’employeur : pour un emploi non réglementé, l’entreprise juge elle-même si le diplôme correspond au poste.
- Le droit d’exercer : pour une profession réglementée, seule l’autorité professionnelle compétente peut l’accorder.
Pour savoir quelle démarche engager, relevez d’abord l’intitulé exact du diplôme obtenu à l’étranger, l’établissement qui l’a délivré et l’objectif visé. Si la règle professionnelle l’exige, notez aussi la date du cursus ou du titre.
Poursuivre des études avec un diplôme roumain
Le décret n° 2013-622 du 15 juillet 2013 publie un accord franco-roumain qui facilite la reconnaissance académique des diplômes et des périodes d’études supérieures. Côté roumain, il ne s’applique qu’aux titres délivrés par des établissements accrédités. Les diplômes des universités roumaines non accréditées n’en bénéficient donc pas.
Pour poursuivre des études en France, c’est l’établissement d’enseignement supérieur choisi qui décide de l’admission. Il examine le parcours du candidat au regard des exigences de la formation. Une attestation de comparabilité peut appuyer le dossier, mais ne remplace pas cette décision.
Une « Diploma de Licenta » validée par 180 crédits ECTS (le système européen de crédits, où une année à temps plein vaut habituellement 60 crédits) dans le cadre du processus de Bologne permet de demander une admission en master. Cette possibilité figure dans l’accord franco-roumain de reconnaissance académique. L’équivalent d’une licence ne garantit pas l’admission : il ouvre seulement le droit de candidater.
Obtenir une attestation de comparabilité
ENIC-NARIC France peut situer le niveau d’un diplôme étranger par rapport aux niveaux de formation français. L’attestation qu’il délivre est un avis d’expert. Ce n’est ni une équivalence juridique, ni une autorisation d’exercer : la demande d’équivalence d’un diplôme auprès d’ENIC-NARIC France n’apporte donc qu’un repère sur le niveau.
La demande se fait en ligne, avec un seul diplôme par dossier. Selon le cas, vous devez fournir le diplôme définitif, les relevés de notes, une pièce d’identité et les justificatifs ou traductions demandés. Depuis le 1er janvier 2025, France Éducation international facture 120 € par demande. Cette somme comprend 20 € pour l’examen de recevabilité, puis 100 € pour l’instruction d’un dossier recevable. Un dossier jugé recevable n’est pas pour autant certain d’aboutir à une attestation.
Recruter pour un métier non réglementé
Pour la plupart des postes dans le bâtiment, la logistique ou l’industrie, aucune autorisation administrative n’est nécessaire pour reconnaître le diplôme. Vous restez toutefois responsable de trois vérifications distinctes : la valeur du diplôme pour le poste, le droit du candidat à travailler en France et les obligations liées au mode d’emploi choisi.

Évaluer le diplôme et les compétences
Pour un métier non réglementé, un diplôme roumain n’a pas besoin d’une reconnaissance formelle préalable. C’est l’employeur qui juge s’il correspond au poste. Pour apprécier la valeur d’un diplôme étranger en France, vous pouvez examiner le diplôme, les relevés de notes, les stages, l’expérience et les compétences du candidat. Une attestation de comparabilité peut éclairer votre jugement, sans garantir l’embauche.
Vérifiez aussi les tâches réellement confiées. Un poste qui paraît non réglementé peut en effet comporter des actes réservés à une profession réglementée. Dans ce cas, c’est le régime de cette profession qui s’applique.
Vérifier le droit de travailler
Depuis le 1er janvier 2014, un citoyen roumain peut travailler en France sans autorisation de travail préalable. Cette liberté ne le dispense pas des qualifications exigées pour une profession réglementée. Le cadre du travail d’un ressortissant roumain sépare donc clairement l’accès à l’emploi et le droit d’exercer.
Une carte nationale d’identité ou un passeport roumain en cours de validité prouve l’identité et la nationalité du candidat. En revanche, un diplôme roumain ne donne à lui seul ni la citoyenneté européenne ni le droit de travailler à un ressortissant d’un pays tiers.
Sécuriser la sélection et le détachement
Nous recommandons de suivre une méthode précise avant de présenter un candidat :
- Le cahier des charges : précisez les qualifications, habilitations et expériences requises pour le poste.
- Le contrôle des pièces : vérifiez les diplômes, certificats et références, de préférence sur les originaux plutôt que sur des copies.
- L’entretien de sélection : nous examinons les candidatures et ne présentons les profils retenus qu’après un entretien.
- La validation technique : si le poste le justifie, des référents métier confirment la maîtrise technique du candidat.
Dans une embauche directe, l’entreprise française devient l’employeur. Dans un détachement, le salarié garde son contrat avec l’employeur roumain, et une déclaration préalable via SIPSI est en principe requise avant la mission. Il faut aussi vérifier les obligations sociales et salariales et, selon le cas, la représentation en France. D’après le ministère du Travail, l’absence de déclaration obligatoire peut coûter jusqu’à 4 000 € par salarié, ou 8 000 € en cas de récidive dans les deux ans. Le total est plafonné à 500 000 €. Le choix d’une agence d’intérim européenne se fait aussi sur sa maîtrise de ces règles. Optimum-interim prend en charge le sourcing, l’évaluation, les formalités de détachement et la logistique d’arrivée dans le cadre de son recrutement de travailleurs roumains qualifiés.
Faire reconnaître une qualification pour une profession réglementée
Médecin, infirmier, pharmacien, architecte ou expert-comptable : ces métiers sont réglementés en France. Un titulaire de diplôme roumain ne peut pas les exercer sur la seule base de son titre. Il doit suivre une procédure qui dépend du métier visé.
Identifier le régime européen applicable
La directive européenne 2005/36/CE du 7 septembre 2005 prévoit deux régimes. Le premier est un régime général de reconnaissance professionnelle. Le second est un régime de reconnaissance automatique, réservé aux titres et formations qui remplissent les conditions européennes.
La reconnaissance automatique peut concerner sept professions. Dans le régime général, si la formation suivie diffère nettement de la formation française, l’autorité peut imposer une mesure de compensation.
| Régime | Professions concernées | Conditions | Délai normal de décision |
| Reconnaissance automatique | Médecin, infirmier responsable de soins généraux, sage-femme, praticien de l’art dentaire, pharmacien, vétérinaire, architecte | Titre exact et formation conformes aux exigences européennes | 3 mois après réception du dossier complet |
| Régime général | Autres professions réglementées | Si la formation diffère nettement : stage d’adaptation ou épreuve d’aptitude possible | 4 mois après réception du dossier complet |
S’adresser à l’autorité compétente
Pour exercer durablement, la reconnaissance des diplômes étrangers relève de l’ordre professionnel ou de l’autorité française compétente. La nationalité du titulaire n’entre pas en compte. L’autorité examine le titre exact, les exigences de formation et les attestations prévues pour la profession. Une attestation ENIC-NARIC ne remplace pas sa décision.
Pour une prestation temporaire et occasionnelle, une déclaration ou une vérification préalable peut suffire. Cela dépend de la profession et des règles de l’État membre concerné.
Prévoir les délais de décision
Dans les procédures européennes concernées, l’autorité doit en principe accuser réception du dossier dans un délai d’un mois.
Les délais de décision indiqués dans le tableau peuvent toutefois être allongés par des règles particulières ou des prolongations.
Tenez compte de ces délais dans votre calendrier de recrutement.
Exercer dans la santé avec un diplôme roumain
Dans la santé, la reconnaissance du titre n’est qu’une première étape. Pour exercer en France, le professionnel doit aussi s’inscrire à l’ordre dont relève sa profession, et les conditions varient selon le métier.

Médecins roumains et inscription à l’Ordre
Pour un diplôme en médecine obtenu en Roumanie, la reconnaissance automatique se vérifie séparément pour le titre de base et, s’il y en a un, pour le titre de spécialité. L’un ne vaut pas pour l’autre.
C’est le conseil départemental de l’Ordre des médecins qui examine la demande des médecins roumains. Il vérifie plusieurs éléments :
- Le titre médical : l’intitulé exact du diplôme de base et, le cas échéant, celui de la spécialité.
- Les attestations européennes : selon le parcours, une attestation de conformité, de droits acquis ou de validité juridique.
- La maîtrise du français : le médecin doit pouvoir communiquer avec les patients et les équipes soignantes.
- Les conditions d’inscription : les autres exigences propres à l’inscription au tableau.
L’inscription au tableau de l’Ordre est indispensable avant de commencer à exercer. Une fois inscrit, le médecin peut travailler comme salarié ou en libéral, sous réserve des formalités propres à chaque mode d’exercice.
Infirmiers et titres soumis à conditions particulières
Tous les diplômes roumains d’infirmier ne suivent pas la même voie de reconnaissance. Il faut examiner l’intitulé du titre, la période de formation, sa conformité aux exigences européennes et les attestations disponibles.
Depuis le 3 mai 2025, l’article L. 4311-3 du Code de la santé publique prévoit un cas particulier. Certains titres roumains d’infirmier responsable de soins généraux, non conformes aux exigences européennes, peuvent être reconnus avec l’un de ces deux justificatifs :
- une attestation d’exercice effectif et licite pendant au moins trois années consécutives au cours des cinq années précédentes ;
- un titre qui sanctionne un programme spécial de mise à niveau.
L’inscription à l’Ordre des infirmiers et les formalités françaises d’enregistrement restent à vérifier séparément du diplôme.
Autres professions de santé
Les chirurgiens-dentistes, les pharmaciens et les sages-femmes doivent faire reconnaître leur titre et s’inscrire à leur ordre. L’art dentaire suit donc la même logique que la médecine. Pour la procédure qu’il décrit, l’Ordre des sages-femmes indique un délai légal de trois mois à compter de la réception du dossier complet. Pour exercer la médecine vétérinaire, il faut un diplôme reconnu, la maîtrise du français et l’inscription à l’Ordre des vétérinaires. Les kinésithérapeutes et les autres professions paramédicales ne relèvent pas automatiquement du régime européen sectoriel : vérifiez la procédure propre à chaque métier.
Foire aux questions
Quels documents un médecin diplômé en Roumanie doit-il fournir pour s’inscrire à l’Ordre ?
Le dossier peut comprendre une pièce d’identité, les titres et certificats, des informations sur la situation professionnelle antérieure, un justificatif de bonne situation professionnelle, des éléments sur le niveau de langue et un curriculum vitæ. L’Ordre des médecins peut aussi demander des traductions en français, selon les conditions qu’il fixe.
Quels diplômes roumains ENIC-NARIC France n’évalue-t-il pas ?
Seuls les diplômes reconnus dans leur pays de délivrance et obtenus à l’issue d’une formation diplômante peuvent être évalués. ENIC-NARIC France n’évalue pas les diplômes qui attestent uniquement d’un niveau de langue. Il n’évalue pas non plus certains diplômes dont la spécialité relève d’une profession réglementée.
Une traduction certifiée ou une apostille du diplôme roumain est-elle toujours obligatoire ?
Non, pas dans tous les dossiers. Une traduction certifiée, une copie certifiée conforme ou une apostille n’est pas systématiquement exigée. Les pièces à fournir dépendent de la procédure et du diplôme concernés.
Un ingénieur diplômé en Roumanie peut-il préparer un titre d’ingénieur en France ?
Oui, il peut le demander. Le titulaire d’un diplôme roumain d’« Inginer » validé par 240 crédits ECTS peut solliciter une inscription dans une formation française menant au titre d’ingénieur diplômé. L’établissement reste libre de l’admettre ou non.
Un master ou un doctorat roumain permet-il d’accéder au doctorat en France ?
Le titulaire d’un « Master » roumain peut demander à s’inscrire en études doctorales en France. C’est aussi le cas pour certains anciens cursus uniques de « Licenta » ou d’« Inginer » d’une durée de cinq à six ans. Quant au diplôme roumain de « Doctor », l’accord franco-roumain le considère d’un niveau comparable au doctorat français.