Sommaire
La validité d’une carte d’identité roumaine en France dépend de deux choses : sa date d’échéance et le modèle de la carte. Nous présentons les durées selon l’âge et selon le modèle, les cartes reconnues comme document de voyage, les règles de séjour et de détachement, puis les démarches de renouvellement auprès des autorités roumaines.
Quelle est la validité de la carte d’identité roumaine ?
Plusieurs générations de cartes roumaines circulent en même temps, et leurs durées de validité diffèrent. Pour connaître celle d’une carte précise, il faut donc identifier son modèle avant de regarder l’âge du titulaire.

La durée selon l’âge pour la nouvelle carte électronique
Pour la nouvelle carte électronique répertoriée dans PRADO (le registre public des documents d’identité tenu par le Conseil de l’Union européenne), la durée de validité maximale est de 2 ans lorsque le titulaire a moins de 2 ans. Elle passe à 4 ans de 2 ans à moins de 14 ans, puis à 5 ans de 14 ans à moins de 18 ans.
Chez l’adulte, la carte électronique roumaine répertoriée par PRADO est valable 10 ans de 18 ans à moins de 70 ans. À partir de 70 ans, sa validité atteint 50 ans.
| Âge du titulaire | Durée maximale (nouvelle carte électronique) |
| Moins de 2 ans | 2 ans |
| De 2 ans à moins de 14 ans | 4 ans |
| De 14 ans à moins de 18 ans | 5 ans |
| De 18 ans à moins de 70 ans | 10 ans |
| À partir de 70 ans | 50 ans |
Les durées propres aux anciens modèles
Pour le modèle ROU-BO-05001, PRADO indique une durée maximale de 2 ans de 0 à 13 ans et de 4 ans de 14 à 17 ans. À partir de 18 ans, elle est de 10 ans. Pour le modèle ROU-BO-04001, la durée est de 4 ans de 14 à 18 ans et de 7 ans de 18 à 25 ans. Dans ces deux cas, la carte expire le jour de l’anniversaire du titulaire.
À partir de 70 ans, la validité est de 10 ans ou illimitée selon le modèle.
L’échéance du 3 août 2026 pour certaines cartes
Le règlement (UE) 2025/1208 du 12 juin 2025 vise certaines anciennes cartes qui n’ont pas les caractéristiques minimales de sécurité ou dont la zone de lecture optique ne fonctionne pas. Ces cartes ne sont plus valables à leur expiration normale ou le 3 août 2026, à la première de ces deux dates. Pour une carte concernée, une date d’expiration imprimée après le 3 août 2026 ne prouve donc pas qu’elle est encore en cours de validité pour voyager.
Vérifiez aussi le modèle exact de la carte et sa reconnaissance comme document de voyage. Une information de l’autorité roumaine de l’immigration sur les documents non conformes concerne l’enregistrement de la résidence en Roumanie. Elle ne veut pas dire que toutes les anciennes cartes roumaines sont inutilisables en France depuis cette date.
Quels modèles permettent de voyager en France ?
Une carte roumaine valable en Roumanie ne sert pas forcément à voyager. C’est la fonction du modèle, et non sa seule date d’échéance, qui décide si elle permet d’entrer en France.

La carte électronique et la carte simple
Depuis 2025, les autorités roumaines délivrent deux cartes différentes. Selon PRADO, une seule des deux permet de franchir une frontière.
- Carte électronique (CEI) : délivrée pour la première fois le 28 mars 2025, c’est un document de voyage valable dans l’Union européenne et les pays associés à l’espace Schengen.
- Carte simple (CIS) : délivrée pour la première fois le 17 juin 2025, elle prouve l’identité en Roumanie mais ne permet pas de voyager à l’étranger.
- Composants de la CEI : une puce électronique et une zone de lecture optique.
- Composants de la CIS : aucune puce biométrique.
La puce de la CEI contient notamment l’adresse en Roumanie, qui n’est pas imprimée sur la carte, l’image de deux empreintes digitales et deux certificats liés à l’identité électronique (l’un pour l’authentification, l’autre pour la signature de documents).
Les conditions pour entrer et circuler
L’article R. 221-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile admet en France les citoyens de l’Union européenne qui ont une carte d’identité reconnue comme document de voyage et en cours de validité, ou un passeport valide. Une CIS ne remplace aucun de ces documents. Selon la Commission européenne, chaque mineur doit avoir son propre document : celui d’un parent ne suffit pas. Aux frontières intérieures de Schengen, les contrôles d’identité restent possibles même sans contrôle systématique. Un document invalide peut aussi entraîner un refus d’embarquement.
Reconnaître et vérifier le document présenté
Une carte roumaine sert à prouver l’identité et la nationalité de son titulaire. Pour identifier un modèle, comparez le recto et le verso de la carte aux images officielles de PRADO. Une comparaison visuelle ne garantit toutefois pas que la carte est authentique.
PRADO reconnaît aussi deux anciens modèles comme documents de voyage. Chacun a ses propres éléments de sécurité :
- ROU-BO-04001 : photographie gravée au laser et surimpression fluorescente invisible à la lumière normale.
- ROU-BO-05001 : puce à contact au verso, éléments optiquement variables qui protègent la photographie, et marquages visibles sous ultraviolet.
- Zone de lecture optique : elle contient les données d’identité, le numéro du document, la date de naissance, la date d’expiration et des clés de contrôle.
- Clés de contrôle : elles vérifient que les données lues sont cohérentes, mais ne suffisent pas à détecter une falsification.
Avant le départ, vérifiez que le document d’identité correspond bien à son porteur et que son état permet encore de le contrôler. Si vous demandez une vérification, ne publiez jamais le numéro de carte, le CNP (code numérique personnel roumain) ni une photo du visage non masquée : ce sont des données personnelles.
Quelles vérifications pour un salarié roumain détaché ?
Une carte valable permet au salarié de circuler. Le séjour, le détachement et les contrôles sur le lieu de travail obéissent à d’autres règles, que l’entreprise d’accueil doit connaître.
Le droit de séjour au-delà de la circulation
Un citoyen roumain a en principe un droit de séjour de 3 mois en France avec un document valable, sous réserve des conditions générales. Au-delà de 3 mois, le séjour d’un travailleur dépend des conditions liées à son activité. Sans activité, il peut notamment devoir justifier de ressources suffisantes et d’une assurance maladie.
Les ressortissants roumains n’ont en général pas besoin de titre de séjour français. Selon la Commission européenne, ils peuvent obtenir un droit de séjour permanent, sous conditions, après 5 ans de résidence légale et continue en France.
La nationalité suffit pour travailler en France avec une carte d’identité roumaine ou un passeport roumain en cours de validité, sans autorisation préalable. Ce cadre est la base de notre service de détachement de travailleurs roumains.
Les formalités avant la mission
Embaucher directement un salarié dans une entreprise française et faire venir un salarié détaché par un employeur établi en Roumanie sont deux situations différentes. Quand l’obligation s’applique, l’employeur étranger envoie une déclaration préalable sur SIPSI (le portail du ministère du Travail) et nomme un représentant en France. Le donneur d’ordre vérifie ces démarches. S’il n’a pas reçu l’accusé de réception, il fait une déclaration subsidiaire dans les 48 heures après le début de la mission, comme l’explique le cadre juridique du travail détaché.
Le certificat A1 indique la législation de sécurité sociale qui s’applique au salarié détaché. Il ne remplace ni la déclaration SIPSI, ni une pièce d’identité, ni un document de voyage. Ces points sont repris dans notre guide de la conformité sociale en entreprise.
Le dossier et les contrôles professionnels
Le dossier individuel du salarié doit faire correspondre son identité avec son contrat, les dates et le lieu de la mission. L’employeur ou son représentant doit pouvoir montrer aux agents de contrôle les documents demandés, traduits en français. Le salarié détaché reste en général soumis aux règles françaises sur la rémunération, le temps de travail, le repos, les congés, la santé et la sécurité. Dans le BTP, le ministère du Travail rappelle dans les obligations de l’employeur de salariés détachés qu’une carte d’identification professionnelle peut être exigée. Elle est valable 5 ans depuis le 1er avril 2024.
Optimum-interim recommande de préparer la mission au moins 3 semaines à l’avance. Si les dates changent ou si la mission est annulée, la déclaration de détachement doit être corrigée. Notre service de recrutement de travailleurs roumains couvre de son côté les étapes allant de la définition du poste à la sélection des candidats.
Comment renouveler son document depuis la France ?
Un salarié dont la carte arrive à échéance doit faire la démarche auprès des services roumains. Avant de partir, il doit savoir où déposer sa demande et combien de temps prévoir.

Les autorités compétentes et la demande consulaire
Seules les autorités roumaines délivrent et renouvellent la carte. Les autorités françaises n’interviennent pas, même si le titulaire vit ou travaille en France.
- 20 mars 2025 : premières cartes électroniques délivrées dans le département de Cluj.
- 15 juillet 2025 : fin du déploiement dans toute la Roumanie.
- 14 juillet 2026 : la Direction générale roumaine de l’évidence des personnes indique que la délivrance en ambassade ou en consulat attend encore la mise en service du dispositif.
Avant d’organiser une démarche depuis la France, faites donc confirmer par le service compétent qu’une demande peut y être déposée.
Le lieu de dépôt et la présence du demandeur
Selon le portail administratif roumain, une CEI peut être demandée dans n’importe quel service roumain d’enregistrement des personnes, quel que soit le domicile. Une CIS doit être demandée au service du domicile ou de la résidence. Le demandeur doit être présent pour déposer une demande de CEI : la procuration spéciale n’est pas acceptée. Le retrait de la carte peut en revanche être confié à un mandataire.
La CEI peut être demandée sans âge minimal du titulaire. La carte d’identité devient obligatoire à partir de 14 ans.
Les délais et les causes de retard
Pour une CEI délivrée par un service en Roumanie, le portail administratif annonce un délai moyen de 5 jours calendaires. Le délai maximal est de 30 jours calendaires.
Pour une CIS, le délai moyen est de 30 jours calendaires et le délai maximal de 45 jours calendaires. Ces délais concernent la Roumanie, pas une éventuelle délivrance consulaire en France.
On peut notamment demander une nouvelle carte après une expiration, une perte, un vol ou un changement de données personnelles. Un dossier incomplet ou un état civil qui ne correspond pas peut retarder la délivrance, voire l’empêcher.
Foire aux questions
Une carte d’identité roumaine expirée fait-elle perdre le droit de séjour en France ?
Non, pas à elle seule. La validité du document, le droit de séjour et les pièces demandées pour une démarche sont trois questions différentes. Chaque organisme fixe les pièces qu’il accepte : une exigence d’une banque ou d’une agence immobilière n’est pas une règle générale du séjour.
Le certificat A1 doit-il être obtenu avant le début de la mission ?
Il vaut mieux l’obtenir avant, mais il peut aussi être délivré pendant la mission ou après sa fin. Il indique la législation de sécurité sociale applicable et ne remplace pas la déclaration SIPSI.
Que faut-il vérifier en cas de transit par un pays hors de l’Union européenne ?
Vérifiez séparément les règles d’entrée du pays de transit et celles du transporteur. Ces règles peuvent être différentes de celles qui s’appliquent pour entrer en France.